Thierry Charnay – Paru dans Littérature de jeunesse : Richesse de l’objet, diversité des approches, éd. Bochra et Thierry Charnay, UL3, Université de Lille, 2016.

Exergue :

« Il était une fois une veuve à qui il ne restait qu’un fils, qu’on appelait Jean le Sot. Ce garçon était sot, tellement sot qu’il lui était plus à charge qu’à profit » [1]

« Ce garçon était bête, bête comme le bon Dieu est saint, et la pauvre mère n’en recevait guère d’aide. »[2]

Félix Arnaudin

L’appréhension de la notion de « héros » et d’ « héroïne », quoique ce terme soit plus tardif, est relativement claire. En effet, le héros est un homme, ou une femme, de grande valeur, un demi-dieu, il est au-dessus du commun par son attitude, ses exploits, ses aventures extraordinaires, les épreuves qu’il réussit. Il est donc porteur des valeurs positives qu’il diffuse autour de lui. C’est Ivanhoë, Jean de Calais, Tintin, Michel Strogoff, Martine, Becassine, Alice, Cendrillon…Mais qu’en est-il de l’Anti-héros, terme relativement récent puisqu’il est daté de 1940 par Le Robert ? L’usage qui s’est répandu en fait une espèce de fourre-tout ; il est ce que n’est pas le héros, le méchant, le traître, le lâche, le porteur des valeurs négatives, certes, mais il est aussi le héros involontaire ou le héros ordinaire pour ne pas hésiter devant un tel oxymore.

Vladimir Propp, lorsqu’il répartit les fonctions sur les personnages pour en faire des sphères d’action constantes dans le conte, pose celle du héros en distinguant le héros-quêteur du héros-victime. Puis il pose celle de l’agresseur caractérisé par ses méfaits et sa lutte contre le héros, ce serait notre anti-héros dans sa forme la plus pure : le loup, l’ogre, la sorcière, Cruella, Taras Boulba, la femme Thénardier, Ganelon, Madame Lepic. Et enfin celle du faux héros, lequel se caractérise par la quête (concurrente de celle du héros) et ses « prétentions mensongères » puisqu’il se fait passer pour le héros qu’il n’est pas. Ce qui donne dans la répartition des personnages une forte proportion de porteurs de valeurs négatives : 3 sur 7 des sphères d’action. Le héros serait alors caractérisé par des connotations euphoriques moralisantes, alors que le traître le serait par des connotations dysphoriques. L’anti-héros perturbe l’ordre social que le héros rétablit, dans son expression la plus simple. Mais cela est-il aussi simple ?

On peut en douter, en effet, généralement, on distingue quatre types principaux d’anti-héros:

  • Le personnage « sans qualités », l’être ordinaire vivant une vie ordinaire dans un cadre ordinaire ;
  • le héros négatif, porteur de valeurs anti-héroïques et en général antisociales, qui peut s’opposer aux parcours du héros ;
  • le héros déceptif, un personnage ayant potentiellement des qualités héroïques mais qui n’en fait pas usage ou les utilise mal ou à mauvais escient ;
  • le héros « décalé », un personnage ordinaire, sans qualités, qui par les circonstances se trouve plongé dans une situation extraordinaire.

La figure de l’anti-héros participe à/de celle du héros, elles sont opposées et complémentaires, ce que l’on peut représenter par ce carré sémiotique :

Semiotique

Il existe ainsi deux deixis, ou deux axes paradigmatiques, l’une positive comprenant le héros et le non anti-héros, l’autre est négative et comporte l’anti-héros et le non-héros.

Ceci étant posé, il n’est pas évident ni de trouver, ni de classer les « Anti-quelqu’un », qui ne se déclarent pas souvent comme tels. Cependant, il s’en trouve quelques rares. Par exemple, au fameux Télémaque de Fénelon (1694-96, paru en 1699), répond Les Aventures de Télémaque écrites par Louis Aragon et parues à la NRF en 1922, que l’on peut considérer comme un anti-Télémaque, soit une anti-oeuvre de Télémaque, étant un pastiche dada, où Télémaque connaît l’amour charnel avec la nymphe Eucharis,  où Mentor rajeunit après un grand discours exposant le système dada et fait l’amour avec la nymphe Calypso ; Mentor et Télémaque y sont bien les anti-héros de l’oeuvre antérieure de Fénelon par rapport à laquelle ils se définissent et avec laquelle ils dialoguent quelques siècles plus tard.

A la fin du XVIIIe siècle, Restif de La Bretonne écrit une anti-œuvre intitulée clairement L’Anti-Justine ou les Délices de l’amour  (1798)[3], par opposition au roman du Marquis de Sade Justine ou les Malheurs de la vertu (1791), qu’il déteste foncièrement au point d’écrire : « Je veux préserver les Femmes du délire de la cruauté. L’Anti-Justine non moins savoureuse, non moins emportée que la Justine, mais sans barbarie, empêchera désormais les hommes d’avoir recours à celle-ci» L’Anti-Justine n’est autre que la fille du narrateur dénommée Victoire-Conquette, surnommée plus fréquemment Mlle Poilsoyeux, portant les anti-valeurs de Justine. Restif, au tout début de son récit, s’en prend à Sade lui-même : « Personne n’a été plus indigné que moi des sales Ouvrages de l’infame DsDs… », le traitant de « Scélérat… » et de « Vivodissequeur », jetant l’anathème : « Puisse l’Ouvrage enchanteur que je publie, faire tomber les siéns ! » Devenant ainsi l’anti-auteur, produisant une anti-oeuvre narrant les histoires d’anti-héros porteurs des anti-valeurs, cherchant à détruire le livre de référence.

Il n’est pas jusqu’aux contes réunis en système de transformation les uns par rapport aux autres qui ne produisent des anti-contes et des anti-héros : ainsi, Barbe-Bleue est-il l’anti-Prince Charmant et Cendrillon, l’anti-Belle au bois dormant.

Mais qu’en est-il des  sots, les idiots et autres étourdis qui peuplent les contes oraux traditionnels ? Où les situer dans ce système ?  Nous étudierons particulièrement le cycle de Jean-Le-Sot comportant plusieurs aventures du même benêt, particulièrement répandu en France et fortement goûté du public. Cependant, La figure  de Jean le Sot n’existe pas seule, isolée de toute autre, mais prend son identité de ce qu’elle n’est pas, notamment par opposition à celles de Jean-sans- Peur, de Jean-le-Fort, Jean-de-l’Ours et Jean-de-Calais qui sont de véritables figures héroïques. En somme, les contes facétieux répondraient aux contes merveilleux, en seraient l’inverse dérisoire. Si ces derniers ont toujours été privilégiés par les folkloristes, les ethnologues, les littéraires et Perrault, ne serait-ce que par l’attrait de leur épaisseur sémantique, leur symbolique puissante, leurs récits initiatiques, mythiques même pour reprendre les termes délaissés de Propp, les premiers, les contes facétieux, très prisés du public et bien plus nombreux, n’ont même pas eu l’honneur du Catalogue français des contes traditionnels, délaissés, méprisés, relégués en contes à rire, donc sans intérêt. A leur propos, la conteuse du Berry, à la fin du conte facétieux de La Mère Martin, après en avoir ri, ajoute : « Des blagues, là, j’en sais à pas savoir qu’en faire ! »[4] Pourtant, ce type de contes, sans nul doute le plus abondant du répertoire populaire, regroupe plusieurs sortes de récits et une ribambelle d’anti-héros, comme  le signale  Michèle Simonsen[5] :

  1. Récits qui se moquent des riches, des puissants et des institutions établies. Ils ont souvent pour héros des humbles qui conquièrent une place au soleil grâce à leur débrouillardise ; c’est le cas du Fin voleur[6].
  2. Récits qui se moquent des valeurs officielles : honnêteté, piété, chasteté, ardeur au travail, et mettent en scène prêtres débauchés, maris cocus, femmes infidèles ; c’est le cas du Petit Marcelot[7], et du conte de La Mère Martin[8].
  3. Récits scatologiques ; comme La Statue de St Blaise[9] ou précédemment Le Fin voleur.
  4. Contes de menterie ou hâbleries, qui décrivent des exploits de pêche ou de chasse, des pays de cocagne manifestement mensongers ; « Y en a toujours un qui racontait une blague pour la faire accroire à l’autre» dit un autre conteur au moment de présenter cinq « menteries »[10].
  5. « Beotiana », encore appelés des blasons, soit des récits qui se moquent des habitants d’une région considérés traditionnellement comme stupides, comme ceux donnés par Alain Viaut dans ses Récits et contes populaires du Bordelais sur les habitants de Salaunes[11].
  6. Et enfin et surtout : récits qui se moquent des faibles, des infirmes, des sots, comme le cycle très populaire en France de Jean-le-Sot (T.1696).

A ces récits facétieux assez largement connus et recueillis dès le XIXe siècle , mais fortement censurés, il faut ajouter les contes licencieux, érotiques et facétieux à la fois, totalement cachés dans une collection hors de portée, dénommée Kryptadia.

Nous comprendrons donc par conte facétieux, plus généralement, un récit à plaisanteries, également fort goûté des enfants et des adolescents, comme l’atteste Le Folklore obscène des enfants  de Claude Gaignebé[12]. Catégorie à laquelle appartient sans conteste Jean-Le-Sot puisque Mme Juliette Septier, l’informatrice de Jean Valière et de Geneviève Debiais, en 1973, dans le Berry, l’annonce ainsi : « Ah, ben Jean-Le-Sot, lui, vous allez rire ! C’était un garçon qu’était…Une pauvre femme veuve qui avait un pauvre gars qui était trop naturel, vous comprenez ! »[13] Elle en donnera deux versions différentes. La plus grande partie de notre corpus sera d’ailleurs puisée dans cette collection dirigée par Jean Cuisenier dans les années 80 chez Gallimard, comprenant 27 volumes de toutes les régions de France.

Par « sot », nous comprendrons quelqu’un qui est dénué de bon sens et d’intelligence.

Si le conte de Jean-Sans-Peur dit les aventures sérieuses d’un héros asocial tant qu’il n’a pas connu la peur, ce qui l’empêche de se marier, mais qui combat le diable et finit par ressentir un frisson lui valant le mariage et l’intégration à la société des humains, celui de Jean-Le-Sot  dit les mésaventures d’un niais tout aussi asocial que le précédent qui se terminent soit mal, il peut en mourir (vs1 du Berry), soit bien, il peut s’enrichir ainsi que sa famille (vs2 du Berry). Le premier Jean décide lui-même de partir loin pour effectuer une véritable quête de la peur en affrontant des êtres du monde transcendant et les vainquant, tandis que le second est envoyé par sa mère effectuer une tâche coutumière comme faire des commissions : aller chercher du sel, vendre de la toile, par ex. et il échoue. Dans le premier cas, le héros, et le fait est suffisamment rare pour être noté, ne revient pas chez lui (même pour se marier), tandis que dans le second cas le héros revient chez sa mère et il très rarement question de mariage. Cette comparaison des deux contes opposés s’impose d’autant plus que dans l’ouvrage cité plus haut, Jean Valière classe Jean-Sans-Peur dans les contes facétieux alors que Le Catalogue[14] le classe avec raison dans les contes merveilleux (T326) malgré les tours que le héros joue au diable. Tandis que pour le Poitou, Jean Valière classe Jean-Le-Sot et la Fille du roi[15] parmi les contes merveilleux. Jean-Sans-Peur, quant à lui, était déjà connu au XVIIe siècle puisque Roger de Rabutin, dans ses Mémoires en 1640, y fait allusion en ces termes, se remémorant ainsi les motifs les plus frappants et les plus éprouvants :

 Il me souvient de ces contes qu’on fait aux enfants, de collations servies comme cela par des gens inconnus, puis des bras, des têtes, des jambes et tout le reste du corps, qui tombent par la cheminée et dont il se forme des personnages qui, après avoir bu, disparaissent[16].

Dans la première version du Berry de Jean-le-Sot, celui-ci vit seul avec sa mère qui lui demande d’abord de garder sa petite sœur en son absence, mais il manque de l’étouffer. Puis elle l’envoie chercher du sel, en chemin, il rencontre des faucheurs qui se lamentent du manque de blé, ce qui le fait rire, il est alors battu par les paysans et rentre chez lui penaud, se plaignant des coups qu’il a reçus. Sa mère  lui dit qu’il aurait dû leur souhaiter: « Que le Bon Dieu vous en donne encore un plein boisseau ! », ce à quoi il répond : « Une autre fois je le ferai, maman. »[17]. Une seconde fois il croise un homme en train de vider sa fosse d’aisance et lui souhaite «Que le Bon Dieu y en mette un plein boisseau ! »[18] il se fait battre à nouveau ; sa mère lui apprend qu’il aurait dû l’aider en prenant une pelle et un seau. Une troisième fois, il repart et rencontre un homme qui creuse un trou pour enterrer son chien, mais Jean-Le-Sot rebouche le trou et prend une nouvelle raclée ; sa mère lui dit qu’il aurait dû l’aider à traîner le chien en prenant une corde. Il part une quatrième fois, rencontre une mariée qu’il croit devoir soutenir et qu’il traîne avec la corde au cou ; il est de nouveau frappé, se plaint à sa mère qui lui dit : « Si tu l’avais attrapée sous le bras, tu aurais mieux fait ! Tu ne te marieras jamais, comme tu es là, tu vois bien que tu ne te marieras jamais ! »[19] – ce en quoi il rejoint provisoirement Jean sans Peur –; il demande alors ce qu’il doit faire pour réussir à se marier. Ce à quoi sa mère répond : « Eh ben, on va à la porte de l’église le dimanche et on fout des coups d’oeillade à quellés drôlières»[20]. Il arrache les yeux des moutons et va les jeter aux filles à la sortie de la messe. Malgré tout, il réussit à se marier à une fille « aussi folle que lui sans doute »[21], précise la conteuse. Le soir il ne se couche pas car son épouse est dans le lit, exaspérée, sa mère finit par lui conseiller de se coucher « dessus » ; il grimpe alors dormir sur le ciel du lit. Au réveil, il ne sait comment descendre et sa mère lui dit de « rouler sur le côté »[22] il le fait et se tue.

On voit bien que la difficulté majeure de ce Jean est de ne pas trouver les attitudes adéquates aux situations, ne comprenant pas les consignes et répondant en décalage, ce qui lui fait faire des bêtises au point de le rendre asocial puisqu’il se fait chasser à chaque fois. Il est un facteur de destruction de lui-même et des autres. Les mots étant polysémiques, il ne choisit jamais la bonne acception. Chaque tentative, chaque épreuve se solde par un échec cuisant dont il ne prend conscience que lorsque sa mère lui donne la bonne attitude, la recette qu’il n’appliquera d’ailleurs pas à bon escient mais à contre temps. Sa mère ne sait que faire de ce fils incapable et, comme dit le conte, « Il lui fallait bien s’en accommoder. »[23]. Il est en âge de fréquenter les filles mais ne le fait pas et ne sait pas comment faire pour les séduire, d’où le conseil des œillades donné par sa mère qui, pris à la lettre, tourne au grotesque et au tragique pour le troupeau de moutons. Même son mariage est un échec immédiat alors qu’il aurait dû le socialiser car il ne sait pas comment s’y prendre pour dormir avec sa femme et s’y refuse, obéissant de nouveau à sa mère.  Echec du fils, mais échec de la mère également qui ne l’initie pas correctement à la vie et en fait non un homme mais un garçon incapable d’assumer une vie sociale réglée. Facteur de désordre social, il n’a pas sa place dans ce monde, d’où sa mort. Contrairement au héros du conte merveilleux, il n’a aucune volonté, aucun but, aucun programme, mais des séries de petites actions données par sa mère qui est son Destinateur privilégié. Les manques ne sont jamais comblés et les méfaits jamais réparés.

Sans nul doute, sur notre carré sémiotique, ce Jean-Le-Sot est un anti-héros porteur de valeurs négatives, toujours perdant, incapable de vivre, alors que Jean-Sans-Peur est la figure du héros, du super-héros pourrait-on dire, puisqu’il vainc le Diable, et triomphe de toutes les épreuves avec une étonnante facilité jusqu’à pouvoir se marier et intégrer la société, alors que tous deux sont parfaitement asociaux au départ; mais pour le premier, cette inadaptation sociale le conduit à une fin tragique (ou plutôt tragicomique, car nous sommes dans l’univers de la farce), tandis que le second va vers la gloire et la réalisation sociale après avoir ressenti une légère peur, juste un frisson, provoquant un sursaut, lorsque les pigeons s’échappent de la tourte qu’il ouvre au repas prénuptial ou du froid des poissons que glisse dans son dos la princesse durant son sommeil, cependant suffisant pour déclarer qu’il a ressenti une peur culturelle celle-là qui l’autorise à entrer dans le mode des vivants et à se marier.

La seconde version de Jean-Le-Sot, contrairement à la précédente, possède une fin heureuse, mais ne conduit pas pour autant au mariage. La mère de Jean l’envoie vendre de la toile qu’elle a filée en lui posant un interdit : « Mais tu ne la vendras pas à ces grands baillots ! », comprendre : à ces grands bavards. De sorte qu’à chaque demande de prix faite par un acheteur potentiel, Jean refuse de vendre :

― Combien ta toile, jeune homme ?
― T’auras pas ma toile, tu bailles trop ! (p.121).

N’ayant évidemment pas vendu en fin de journée, il aperçoit dans une église une statue de St Joseph aux pieds de laquelle il dépose sa toile car celui-ci est muet. Il a donc respecté strictement l’interdit maternel. Il rentre sans argent. Sa mère le renvoie chercher la toile mais elle a disparu. Furieux, il frappe la statue et découvre « la fortune à monsieur le curé qui était cachée là-dedans ! » (p.121), qu’il rapporte à sa mère, pensant avoir vendu la marchandise. Ici, l’échec se transforme en réussite, la chance et la fortune sourient au simplet compensant son manque de discernement et sa bêtise. De sorte que nous n’avons pas vraiment affaire à un anti-héros, mais à un non-héros car il réussit finalement.

Jean-Le-Sot est le non-héros d’un véritable cycle où il a des aventures les plus variées, parfois fort brèves – sortes d’anecdotes ou de cellules qui peuvent soit être indépendantes et former de brefs récits, soit être intégrées à des contes plus longs – qui permettent, mieux que les contes merveilleux, de laisser le conteur donner libre cours à son imagination puisqu’il peut varier à l’infini les plaisanteries en les adaptant à l’époque, aux circonstances et à son public, rallonger ou raccourcir son texte à l’envie. Ainsi retrouvera-t-on en Poitou dans le même recueil[24], un Jean-Le-Sot qui couve (p104), un autre qui a maille à partir avec les gendarmes (p.105), et un récit ressemblant à celui où il est chargé de vendre de la toile, mais sans la séquence finale remplacée par la cuisson de la grand’mère (p.103).

Dans le même recueil on trouve un Jean-Le-Sot et la fille du roi (p.63-64, T 853) où il réussit à faire dire trois paroles à la fille du roi qui n’en prononçait qu’une et, du coup, à l’obtenir en mariage alors qu’on le dissuadait de tenter sa chance, on se moquait de lui, lui qui « es bête comme un âne » (p.63), en utilisant un peu de bois et un œuf pour en faire dire davantage à la princesse que « Je brûle », ouvrant une isotopie sexuelle sur laquelle il répond. Ce motif du cadet qui réussit à faire faire quelque chose à la fille du roi qui s’y refuse, se retrouve dans d’autres contes où il s’agira par ex. de la faire rire ou de la faire parler car elle ne dit mot, ou encore d’avoir le dernier mot. Jean-Noël Pelen en donne justement une version recueillie en 1977 pour les Cévennes intitulée Le bouchon, la perdrix et la merde[25] où le dernier né, considéré comme sot et niais, réussit l’épreuve et épouse la fille du roi grâce aux objets métaphoriques de la sexualité qu’il propose.

Non-héros encore une fois car on lui attribue des valeurs qui ne sont pas positives, ni entièrement négatives dans la mesure où il se porte volontaire pour tenter l’épreuve, dans la mesure où il a un plan puisqu’il ramasse en route les objets qui serviront à la procédure qu’il a échafaudée, dans la mesure également où l’épreuve proposée par la princesse la met elle-même en marge de la société car elle diffère le plus possible le mariage qu’elle lie à la sexualité et où l’idiot déjà marginalisé a compris ce qu’elle voulait, ce qui va lui permettre d’utiliser des moyens peu ordinaires, promesses d’une réussite sexuelle qui le conduiront à la réussite sociale.

Dans la même collection de recueils de contes dirigée par Jean Cuisenier, je citerai encore un Jean Le Sot du Languedoc[26], plus précisément issu du massif des Corbières, au cours des années 60. Une veuve envoie son fils chercher des aiguilles, mais il les perd en route, les ayant plantées dans un tas de paille. Sa mère lui recommande de les planter à sa veste, tout en s’exclamant : « Ce qu’il te faut être bête… » (p.115). Ce qu’il fait lorsqu’il va acheter un soc, un carrelet et un licol à la foire, déchirant sa veste. Comme il est incapable de tenir la place de l’homme qui est dans la vie publique, dans les négociations extérieures, sa mère lui confie ensuite des tâches féminines. De sorte que la fois suivante c’est elle qui va à la foire, donnant à son fils « un tas de recommandations » (p.115) : « …tu mettras la graisse aux choux ; là il y a un jambon pour mai, un pour juin et l’autre pour juillet, et tu donneras à manger à l’oie. » (p.115) Puis, un homme se faisant appeler Mai réussit à se faire donner les trois jambons, les deux autres étant pour les dénommés Juin et Juillet, ensuite Jean va mettre de la graisse sur les choux du jardin, il tue l’oie car il croit qu’elle le traite de fou et va couver à sa place. Effectuant une tentative ultime pour mimer le rôle féminin par excellence, comme d’ailleurs la coutume de la « couvade » dans certaines régions du sud de la France, où le mari se mettait aussi au lit au moment de l’accouchement de sa femme pour simuler la fonction génitrice. Sa mère fait alors le constat de sa niaiserie en ces termes : « Je te le dis que tu es innocent. »(p.115), « Pauvre petit ! », ajoute-t-elle (p.116). Il est donc également incapable de remplir les tâches féminines ; il ne peut  ni partir seul, ni rester seul, n’a aucune autonomie, ne réussit aucune épreuve initiatique de sorte qu’il est condamné à rester avec sa mère qui est encore une fois le Destinateur privilégié garant des valeurs. Ruinés, sa mère décide de partir mendier sur les routes ; ils emportent un baluchon et Jean transporte la porte de la maison. En traversant un bois ils entendent des voleurs et se cachent dans un arbre au pied duquel les voleurs s’arrêtent pour faire la cuisine. Ne pouvant se retenir, Jean pisse et défèque dans la sauce, puis il lâche la porte trop lourde qui fait fuir les brigands croyant que le ciel tombe. Jean et sa mère récupèrent les sacs de louis d’or abandonnés et regagnent le village. On retrouve fréquemment ces motifs scatologiques dans les contes facétieux car, comme le précise Bakhtine [27] : « …la satisfaction des besoins est la matière et le principe corporel, comiques, par excellence, la matière qui se prête le mieux à l’incarnation rabaissante de tout ce qui est sublime. C’est ce qui explique leur rôle si important dans le folklore comique… ». Le conte conclut ainsi : « A compter de ce jour, Jean ne fut plus innocent. Ils furent les plus riches du village. » (p.117).

Ce dernier motif narratif des voleurs qui abandonnent leur butin pris de peur par les actions d’un héros invisible n’est pas propre à Jean-Le-Sot, on le retrouve dans d’autres contes et notamment dans Pouçot  ainsi que dans un autre conte auvergnat, recueilli en langue d’oc par Marie-Louise Tenèze dans le pays d’Aubrac en 1967 intitulé Jean de la vache maigre[28], où Jean est un fieffé rusé qui finit par provoquer et conduire son seigneur à la noyade ; à ceci près que l’action de Jean Le sot est involontaire, contrairement à celle des héros des autres contes. Pour les Cévennes, Jean-Noël Pelen cite une version dont il manque le début mais qui correspond exactement à la nôtre, recueillie en 1991, contée en français sauf pour les formules scatologiques dites en occitan[29].

Tant que Jean fait des bêtises, il est un anti-héros car il fait le contraire de ce qu’il faudrait ou encore, comme on dit par ici, « il fait de travers ». Par contre, lorsqu’il fait déguerpir les voleurs et prend leur butin, il devient un non-anti-héros, l’action négative ayant eu des conséquences positives. Puis il obtient la reconnaissance du village, soit le respect qui lui manquait tant. Pour autant il n’est pas question de mariage, il reste avec sa mère.

La Corse n’échappe pas non plus au cycle de Jean-Le-Sot. En effet, dans le recueil de la même collection rédigé par Marie-France Orsini-Marzoppi[30] pour la Corse, figure une version intitulée Jean Le Fou recueillie en 1955 par Geneviève Massignon. C’est l’histoire d’une mère qui laisse son fils seul à la maison en lui recommandant d’aller tirer du vin à la cave, de mettre deux lentilles dans la marmite (expression corse signifiant beaucoup) et de veiller à ce que le petit enfant qu’il doit garder également ne pleure pas. Il exécute toutes les actions demandées. Quand la mère  revient, le vin coule dans la cave car il n’a pas refermé le robinet de la barrique, il n’a fait cuire que deux lentilles effectivement, prenant au pied de la lettre ce que sa mère lui avait demandé, enfin le petit dans son berceau est mort étouffé par le bonbon que Jean le Fou lui a donné pour le calmer. Pour le punir, sa mère l’envoie laver des tripes à la rivière, faible punition, peu en rapport avec la gravité des méfaits commis. Il croise un chien qui aboie, croyant qu’il lui réclame les tripes, il les lui donne. Plus loin, « il trouve un curé en train de faire son besoin » (p.128), et croyant qu’il s’agit du chien métamorphosé, il lui réclame cinq francs pour les tripes ; « Il a tellement crié que le curé lui a donné ses cinq francs. », dit le conte (p.128). Il rentre et donne l’argent à sa mère en lui racontant son histoire, laquelle conclut : « Ah, mon fils, mon fils, tu es bien un Ghjuanni u scemu ! » (p.128), c’est-à-dire un fou…

Si l’argent compense la perte des tripes, mais il s’agit d’un  bien mal acquis, il n’en reste pas moins que Jean le Fou est porteur des valeurs négatives et demeure tout le long du récit un bel exemple d’anti-héros à qui personne ne peut se fier. Incapable d’effectuer les tâches internes de la maison il finit par réussir à peu près à l’extérieur en usant de la menace.

La dernière histoire est celle de Jeantillot le sot et l’oeuf de jument, recueillie dans le Médoc en 1965 (trois autres versions ont été relevées) par Alain Viaut[31], qui appartient sans conteste au cycle de Jean le Sot. Jeantillot désire un poulain comme celui de son voisin qui lui fait croire qu’il a acheté un œuf qu’il a d’abord fait couver par sa grosse dinde et qu’ensuite sa femme « a fini de  le réchauffer au lit» (p.38). Jeantillot part avec son voisin acheter le fameux oeuf qui n’est autre qu’une grosse citrouille bien ronde qu’il paie bien cher, mais en chemin il trébuche, l’oeuf tombe et se casse en deux près d’un levraut endormi qui prend la fuite.

 Et Jeantillot s’écria :

– Mon œuf avait été couvé et mon poulain s’échappe ! Regarde comme i l court vite. Quel malheur !  (p. 39)

 Jeantillot n’a évidemment pas l’étoffe des héros ni des anti-héros, se faisant abuser du début à la fin, il n’a pas les clés qui lui permettraient de décrypter les signes et devient parfaitement ridicule au point que l’énonciataire ne peut en ressentir aucune pitié. Il serait plutôt du côté des non-héros.  Son échec se situe à l’extérieur de la maison, dans l’espace public masculin par excellence où il lui est surtout reproché de ne pas avoir encore de femme contrairement à son voisin qui lui tient un discours à la sexualité à peine voilée. On retrouve le même conte dans les Cévennes sous le titre de La courge vendue comme un œuf d’ânesse, classé conte type 1319, en cinq versions données par Jean-Noël Pelen[32], où il peut servir également de blason soit pour une corporation (les scieurs de long) soit pour les habitants d’un village (Belvezet), et où le personnage principal devient Janet. Précisons enfin que ce conte est très répandu en Europe, Inde, Chine, Amériques.

 Il existe encore de très nombreux contes ayant comme acteur principal le fameux Jean le Sot, comme si l’on ouvrait une boîte de Pandore. A la suite de Jean-Noël Pelen, il serait possible de classer les sots en trois catégories : les niais, soit les idiots comme Jeantillot et son œuf de jument, les naïfs, soit les simplets confiants et ignorants comme Jean le Sot et les voleurs, puis les trompeurs qui, eux, laissent croire à leur bêtise, comme Jean le Sot et la fille du roi. Mais il faut reconnaître que la frontière est ténue entre ces trois catégories car le même protagoniste peut passer de l’une à l’autre ou appartenir à plusieurs d’entre elles.

Le cycle de Jean le Sot, se caractérise par son hétérogénéité, signe de sa grande richesse, de sa diversité, et de la possibilité qu’il donne au conteur de laisser libre cours à son imagination, bien davantage que dans les autres types de contes. Ainsi, le seul recueil de Félix Arnaudin, Contes populaires de la Grande-Lande[33], comporte pas moins de quatre versions encore différentes de celles que nous avons exposées, dont un sot capable de refondre les vieilles, un autre incapable de se fiancer, un autre qui accumule les bêtises se transformant en méfaits bien plus que tous les récits précédents et un dernier qui oppose deux frères : Jean le Sot et Jean le Sage.

Ce cycle est inépuisable et ne comporte évidemment qu’un acteur principal masculin ; au point que l’on peut se demander s’il existe des femmes idiotes dans les contes facétieux. Il faut reconnaître qu’elles sont assez rares. Nous en avons toutefois trouvé une chez Arnaudin[34], conte intitulé sans équivoque : L’habile homme qui avait épousé une sotte (p.402-406).  « Chaque jour que le bon Dieu faisait, les sottises de la femme mettaient le jeune marié au désespoir» dit le narrateur (p.402), le marié répétait souvent à sa femme : « Mais, pauvre femme, comment es-tu si bête ? Tu verras que je m’en irai, un de ces matins…Mais comment ai-je fait pour épouser une femme aussi sotte ? » (p.402) Il finit par partir très loin en quête de plus sot que sa femme : « Je m’en vais courir le monde jusqu’à ce que j’ai trouvé plus bête que toi» (p.402). Par trois fois il rencontre plus niais que sa femme grâce à quoi il gagne beaucoup d’argent et conclut : « Si le monde est peuplé de sots, autant vaut que je reste avec ma sotte..» (p.406), et il retourne chez lui. Ce qui prouve que la sottise est toute relative et qu’il en existe des degrés divers.

Maintenant, on peut se demander si ces contes facétieux ne sont vraiment que des récits à plaisanteries, juste pour rire et s’il n’y a pas implicitement du sérieux, un enjeu plus fort derrière les apparences de légèreté. Nous ne donnerons que quelques pistes car ce n’est pas le sujet principal ici. Le sot est présenté dans les contes comme l’archétype de l’asocial, de l’inadapté social, en décalage constant avec les autres, vivant à contre temps, dans une normalité qui lui est propre mais qui effraie les autres car elle n’est pas sans conséquences néfastes sur ses proches et sur lui-même. Cependant, on remarquera que  ses pires actes, allant parfois jusqu’à donner la mort, n’en font pas pour autant un pestiféré qu’il faudrait chasser, sa mère se plaint, le plaint, constate les dégâts et l’accepte comme il est. Toutefois, il n’arrive pas à se marier, contrairement aux vrais héros des contes merveilleux car il n’est pas encore élevé, il reste un garçon et n’est pas un homme, ratant les rites de passage, ne possédant pas le bon code, bien qu’il tente des quêtes et qu’ils subissent des épreuves toujours données par sa mère, qui ne le font pas grandir, qui ne permettent pas de l’initier au devenir masculin dans sa société, étant, selon le bon mot de Josiane Bru « un raté de l’initiation ».

Quant à l’anti-héros, nous avons montré que notre sot pouvait l’être, lorsqu’il n’est que destructeur, mais qu’il pouvait aussi changer de position et devenir un non-anti-héros dans le même récit. Nous avons montré également qu’il pouvait être dans certains récits un non-héros. En somme, la seule figure qu’il ne peut investir car ses valeurs ne sont pas celles de l’univers de sens dans lequel il circule, ne sont pas celles du monde que tous les acteurs du contage partagent communément, est celle du Héros.

Je terminerai comme j’ai commencé, en citant le conteur du final de Jean le Sot de La Grande-Lande :

 Et puis, dit-on, ce ne fut pas en pure perte : avec un morceau de fesse en moins, Jean le Sot sembla avoir un peu plus de cervelle, et à partir de ce moment il ne fit que s’améliorer.[35]

BIBLIOGRAPHIE

  • Arnaudin Félix, Contes populaires de la Grande Lande, Edition établie par Jacques Boisgontier et présentée par Guy Latry, Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne/éditions confluences, 1994.
  • Bakhtine Mickael, L’oeuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen-Age et sous la Renaissance, Paris, Gallimard, 1970.
  • Debiais Geneviève et Valière Michel, Récits et contes populaires du Berry/1 Paris, Gallimard, 1980.
  • Delarue Paul, Le Conte populaire français, t. I, Paris, Maisonneuve et Larose, 1954.
  • Gaignebé Claude,  Le Folklore obscène des enfants, Paris, Maisonneuve et Larose, 2002.
  • Guilaine Jean Récits et contes populaires du Languedoc/2, Gallimard, 1978.
  • Orsini-Marzoppi Marie-France, Récits et contes populaires de Corse, Gallimard, 1978.
  • Pelen Jean-Noël Le Conte populaire en Cévennes, éditions Payot et Rivages, 1994.
  • Rabutin Roger (de) Mémoires, t. I, p.76-77, cité par Paul Delarue, Le Conte populaire français, Tome 1, Maisonneuve et Larose, 1954.
  • Simonsen Michèle, Le conte populaire, Paris, PUF, 1984.
  • Tenèze, Marie-Louise Récits et contes populaires d’Auvergne/1, Gallimard, 1978.
  • Valière Jean, Récits et contes populaires du Poitou/1, Gallimard, 1979.
  • Viaut Alain, Récits et contes populaires du Bordelais, Paris, Gallimard, 1981.

[1] Félix Arnaudin, Contes populaires de la Grande Lande, Edition établie par Jacques Boisgontier et présentée par Guy Latry, Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne/éditions confluences, 1994, conte CXXVII : Jean le Sot, p. 426, conté en 1879.

[2] Ibid., conte CXVII : Le sot, p. 380, conté en 1902.

[3] Version Kindle, non paginée, indisponible en papier.

[4] Geneviève Debiais et Michel Valière, Récits et contes populaires du Berry/1, recueillis dans la Brenne, Gallimard, 1980, p. 133, conté par Juliette Septier (née en 1898) en 1977.

[5] Michèle Simonsen, Le conte populaire, PUF, 1984, p. 17.

[6] Geneviève Debiais et Michel Valière, op. cit., p. 115-117.

[7]  Ibid., p. 112-114.

[8] Ibid., p. 132-133.

[9] Ibid., p. 101-102.

[10] Ibid., p. 128-129, recueillies en 1973.

[11] Alain Viaut, Récits et contes populaires du Bordelais, Gallimard, 1981, p. 73-75.

[12] Claude Gaignebé,  Le Folklore obscène des enfants, Paris, Maisonneuve et Larose, 2002.

[13] Récits et contes populaires du Berry/1, op. cit., p. 118-120 pour la première version et p.121 pour la seconde.

[14] Paul Delarue, Le Conte populaire français, Tome 1, Maisonneuve et Larose, 1954 ; fréquemment dénommé Le Catalogue, pour des raisons pratiques.

[15] Jean Valière, Récits et contes populaires du Poitou/1, Gallimard, 1979, p. 63-64.

[16] Roger de Rabutin, Mémoires, t1, p. 76-77, cité par Paul Delarue, Le Conte populaire français, Tome 1, Maisonneuve et Larose, 1954, p.305.

[17] Geneviève Debiais et Michel Valière, op. cit.,  p. 118.

[18] Ibid. loc. cit

[19] Ibid., p. 119.

[20] Ibid., p. 120.

[21] Ibid. loc. cit.

[22] Ibid. loc. cit.

[23] Félix Arnaudin, op. cit., p. 426.

[24] Récits et contes populaires du Poitou, Ibid.

[25] Jean-Noël Pelen, Le Conte populaire en Cévennes, éditions Payot et Rivages, 1994, p.359-360.

[26] Jean Guilaine, Récits et contes populaires du Languedoc/2, Gallimard, 1978, p.114-117.

[27] Mickael Bakhtine, L’oeuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen-Age et sous la Renaissance, Gallimard, 1970, p.154.

[28] Marie-Louise Tenèze, Récits et contes populaires d’Auvergne/1, Gallimard, 1978, p.80-83.

[29] Jean-Noël Pelen, Ibid., qu’il intitule « Les voleurs sous l’arbre » (T1653), p.299-301.

[30] Marie-France Orsini-Marzoppi, Récits et contes populaires de Corse, Gallimard, 1978, p.127-128.

[31] Alain Viaut, Récits et contes populaires du Bordelais, Gallimard, 1981, p.38-39.

[32]Jean-Noël Pelen, Ibid., p.261-269.

[33] Félix Arnaudin, Ibid.

[34] Op.cit.

[35] Félix Arnaudin, Ibid., p. 430.