Marie-Agnès THIRARD, professeur d’université, Lille 3, professeur émérite en octobre 2007

Le Pouçot, petit mais intelligent règne en maître dans l’univers des contes, d’un bout à l’autre de la planète, aussi bien dans les sphères de la tradition orale que dans la culture savante et littéraire. Doté  parfois de bottes de sept lieues, il parcourt depuis la nuit des temps l’univers des laissés pour compte, des exploités et lutte sans vergogne contre des forces douées de bêtise et de méchanceté : il parvient ainsi à vaincre l’ignoble goule en Afrique du Nord, voire l’ogre ou le diable en Occident. Cependant dans la forêt inextricable des contes, il sème au fil du temps quelques petits cailloux qui pourraient nous guider dans ce parcours transgénérationnel qui nous mènera du plus célèbre de ces héros, en l’occurrence Le Petit Poucet de Charles Perrault jusqu’à ses descendants contemporains, tel L’ Enfant-océan de Jean-Claude Mourlevat dont les aventures peuplent la littérature de jeunesse dans les sphères officielles des programmes ministériels ! Quelle promotion ou quelle évolution pour ce personnage au demeurant proche des décepteurs, Renard le facétieux ou Leuk le lièvre.

Le conte de Perrault publié en 1697 dans le recueil des Histoires ou Contes du temps passé avec des moralités, connaît encore trois siècles plus tard un véritable succès et représente une sorte d’hypotexte incontournable. Or si Perrault est bien le père littéraire de cet enfant surdoué mais doté de frères et sœurs innombrables dans la patrie des contes, on oublie trop souvent qu’une fée-marraine, alias Madame d’Aulnoy écrivit à la même époque les aventures de Finette Cendron, sorte de Petit Poucet en jupons. Le temps n’est plus en effet où le seul nom du célèbre académicien suffisait à rendre compte de la mode des contes de fées à la fin du XVIIème siècle.  Si ces personnages étaient à l’origine destinés aux adultes cultivés et lettrés, ils furent ensuite récupérés dans la littérature de colportage avant de glisser dans le domaine de la littérature de jeunesse dès ses premiers balbutiements. C’est donc ces lointains ancêtres qui serviront de référents culturels et qui nous tiendront lieu de fil d’Ariane dans le labyrinthe narratif où quelques Minotaures sévissent encore !

Si dans la tradition populaire le thème des enfants abandonnés dans la forêt est très répandu, il n’en demeure pas moins que c’est la version de Charles Perrault qui est la plus connue en littérature de jeunesse et qu’elle a exercé une influence pour le moins prégnante sur les versions orales. Or le digne académicien a métamorphosé le personnage du petit faible mais rusé. Cette transmutation digne de l’alchimie de la plume s’opère dans le subtil creuset d’un humour féroce et d’un ancrage sociologique évident dans cette société de la fin du siècle de Louis XIV. Les fameuses bottes de sept lieues qui finiront par symboliser le personnage et lui collent à la peau car, ne l’oublions jamais elles étaient fées et avaient le don de « s’agrandir et de s’apetisser selon la jambe de celui qui les chaussait 1», bottes sur mesure si l’on en croit notre conteur, sont non seulement le fruit d’une imagination délirante mais aussi le symbole d’une ascension sociale fulgurante. Pourquoi en effet ne pas imaginer d’autres moyens de transport tout aussi magiques à l’image de quelque envol dans les sphères aériennes ? Et pourquoi pas quelques sabots magiques dotés de quelques crampons ? C’est que les bottes, à l’époque où le code vestimentaire est important sont le privilège des nobles. En bottant les chats et en faisant de ce Petit Poucet une créature bottée à son tour, Perrault fait donc bien plus que lui donner un auxiliaire magique ; il lui permet une ascension sociale à l’image de celle de cette bourgeoisie montante à laquelle il appartenait lui-même. Notre digne académicien est aussi grand commis du roi ; il participe à l’opération de prestige de Versailles et vit dans l’orbite de la Cour. Il n’est donc point étonnant qu’une fois botté notre Petit Poucet non seulement s’enrichisse mais encore gravisse allègrement les marches de l’échelle sociale. Chacun ici se souvient de cette double fin heureuse aux multiples possibilités narratives que le conteur nous propose avec beaucoup de distanciation et non sans quelque ironie. Dans un premier temps, le héros exerce un affreux chantage sur l’ogresse qui tient de l’extorsion de fonds : craignant de perdre son mari soi-disant attaqué par de voleurs qui exigent une rançon, « la bonne femme fort effrayée » donne tout ce qu’elle a « car cet ogre ne laissait pas d’être fort bon mari quoiqu’il mangeât les petits enfants[1] ».  Perrault propose cependant une autre fin plus révélatrice de cette société de fin de siècle.

(…) Lorsque le petit Poucet eut chaussé les bottes de l’ogre, il s’en alla à la Cour, où il savait qu’on était fort en peine d’une armée qui était à deux cents lieues de là, et du succès d’une bataille qu’on avait donnée. Il alla, disent-ils, trouver le roi, et lui dit que s’il le souhaitait, il lui rapporterait des nouvelles de l’armée avant la fin du jour. Le roi lui promit une grosse somme d’argent s’il en venait à bout. Le Petit Poucet rapporta des nouvelles dès le soir même , et cette première course l’ayant fait connaître, il gagnait tout ce qu’il voulait ; car le roi le payait parfaitement bien pour porter ses ordres à l’armée, et une infinité de dames lui donnait tout ce qu’il voulait pour avoir des nouvelles de leurs amants, et ce fut son plus grand gain. [2]

Voilà donc ce jeune homme  propulsé auprès des Grands, hésitant entre le rôle de messager et d’entremetteur. Les dernières lignes du conte prouvent s’il en était besoin que ce jeune arriviste a le sens du placement financier.

Après avoir fait pendant quelque temps le métier de courrier, et y avoir amassé beaucoup de bien, il revint chez son père, où il n’est pas possible d’imaginer la joie qu’on eut de le revoir. IL mit toute sa famille à son aise. Il acheta des offices de nouvelle création pour son père et pour ses frères ; et par là il les établit tous, et fit parfaitement bien sa cour en même temps.

En achetant des offices à ses frères et à son père, le Petit Poucet incarne donc les aspirations d’un conteur qui ne vivait pas seulement dans le monde des fées mais aussi dans celui des agioteurs, à une époque où l’argent devient roi et où la bourgeoisie montante peut acheter des titres de noblesse et redorer les blasons. Si l’ogre ne meurt pas mais se contente de perdre ses bottes, c’est sans doute qu’il ressemble à s’y méprendre à cette noblesse ruinée dont la Révolution entérinera la décadence. Bienvenue donc à ces jeunes gens débrouillards qui ne se contentent plus de semer les miettes du festin sur le sentier mais comptent bien y participer sans attendre qu’un seigneur mauvais payeur vienne leur faire la grâce de rembourser ses dettes.  Nul doute que ce Petit Poucet qui n’a rien d’un petit saint mais s’amuse de la peur de ses frères ne corresponde pas tout à fait aux critères moraux qui régneront plus tard au royaume de la littérature enfantine mais ce personnage a plus d’un tour dans son sac et plus d’un stratagème pour lui permettre de se présenter sous de nouveaux habits plus convenables.

On oublie souvent cependant que dès le XVIIème siècle, le personnage était aussi décliné au féminin. Madame d’Aulnoy, contemporaine de Perrault, reine de la féerie et qui fut à l’origine de cette mode littéraire des contes de fées publie à son tour en 1697, dans Les Contes des fées [3], « Finette Cendron ». Le conte est un amalgame du « Petit Poucet » et de « Cendrillon », salade de contes avant l’heure pourtant inspirée de la tradition populaire. Or, comme le dit si bien Philippe Hourcade, « cela commence comme le Petit Poucet mais côté fille[4] ». Ce Petit Poucet en jupons est à la fois semblable et différent de son auguste frère en littérature. La trame narrative est cependant comparable même si l’écriture de Madame d’Aulnoy est plus complexe, chacun des contes ressemblant plutôt à un roman d’aventures en miniature bien éloigné de la concision d’un Charles Perrault. Notons tout d’abord un certain aristocratisme car il n’est point question dans cette affaire d’abandon d’enfants par des gens du peuple victimes de la famine. L’héroïne est cette fois de noble extraction car elle est  fille de roi. Le conte débute en effet par les aventures de deux souverains « qui avaient mal fait leurs affaires[5] », preuve s’il en était besoin que les nobles peuvent être sans le sou et que le prestige de la monarchie de droit divin est déjà écorné sous la plume acerbe et volontiers subversive de la conteuse. Ces souverains ruinés sont donc chassés de leur royaume et condamnés pour vivre à vendre leurs nippes et leurs meubles.          Définitivement ruinés et incapables de travailler,  reconnaissant eux-mêmes qu’ils ne savent que « le métier de roi, qui est fort doux[6] », ils décident de perdre leurs trois filles qualifiées de « franches paresseuses qui croient être encore de grandes dames[7] ». Notons déjà que c’est la reine qui porte la culotte et que le roi qualifié de « bon père » doit s’incliner « car la reine était la maîtresse[8] ». Les rôles sont donc déjà inversés par rapport au texte de Charles Perrault dans lequel le bûcheron a certes le cœur serré à l’idée de perdre ses enfants mais s’y résigne et prend l’initiative tandis que la bûcheronne ne peut y consentir . La princesse Finette « qui était la plus petite des filles [9]», sans que pour autant on évoque cette fois le thème du pouçot écoute par le trou de la serrure, fâcheuse habitude qui entache le personnage d’un certain voyeurisme. Découvrant le noir dessein de ses parents, elle va chercher de l’aide auprès de la fée Merluche sa marraine. Elle hérite ainsi d’un auxiliaire magique, en l’occurrence une pelote de fil inusable qu’il suffit de dévider pour marquer le chemin du retour. Nouvelle Ariane dans le labyrinthe, Finette sauve aussi ses deux sœurs bien que celles-ci la maltraitent. Le Poucet en jupons est donc sœur de Cendrillon dont elle garde la générosité, ce qui n’est pas le cas de son homologue au masculin. L’épisode se répète et la fée donne cette fois un sac de cendres magiques pour marquer la route mais en interdisant à Finette d’aider ses sœurs. Toujours généreuse, celle-ci n’obéit pas à la fée et ne peut donc plus espérer aucune aide quand l’épisode se répète une troisième fois. L’une des sœurs suggère alors d’utiliser des pois chiches le long du chemin, lesquels subiront le même sort que les miettes de pain. Le nom des deux chipies est déjà révélateur d’une certaine forme de libertinage à peine voilé. L’une s’appelle Fleur d’Amour et l’autre, Belle de Nuit, noms qui conviennent plus à des péripatéticiennes qu’à des jeunes princesses. Ce caractère libertin se retrouve chez l’héroïne elle-même. Perdue dans les bois, elle survit de manière écologique et fait pousser un gland qu’elle arrose tous les matins et tous les soirs en lui disant « crois, crois, beau gland[10] » avant de l’enfourcher enfin, et de s’y tenir longtemps, en tout cas plus longtemps que ses sœurs, ce qui est la preuve d’un certain tempérament, en le sentant ployer sous elle. Ainsi pourvue d’une autre forme d’adjuvant, Finette la rouée aperçoit enfin un jour une superbe demeure. Celle-ci se révélera être celle d’un ogre et d’une ogresse mais dans ce nouveau couple infernal, c’est une fois de plus l’élément féminin qui domine. Finette  prend l’initiative de la situation. Elle pousse l’ogre dans le four où elle doit cuire le pain, obtient les bonnes grâces de la veuve plutôt joyeuse mais, en  la peignant, en profite pour la décapiter.

Voilà donc un Petit Poucet au féminin qui ne manque pas d’allure et qui n’a rien à envier au héros de Perrault. Tous deux ont en commun leur petitesse relative d’ailleurs et le fait d’être le souffre-douleur de la fratrie. Mais Finette est à l’image de la baronne d’Aulnoy, elle-même franche libertine. La petite rouée n’a rien à envier à ses sœurs sur certains plans et exprime des fantasmes sexuels sous une forme à peine déguisée. C’est donc au public des mondains lettrés que s’adressent ses aventures, même si la suite du texte reprend la trame de « Cendrillon » car les deux sœurs pourtant comblées de biens dans le palais des ogres s’ennuient à mourir et partent en quête de l’amour. Finette reléguée à la maison finira par retrouver le prince charmant et par l’épouser après avoir perdu une mule étrangement semblable à la pantoufle de verre.

Cette version eut autant de succès à l’époque que celle de Perrault et elle fut plusieurs fois réimprimée dans la littérature de colportage, ce qui fut aussi le cas de l’œuvre de Perrault. Entre 1723 et 1756 cinq éditions fidèles au texte de Perrault furent publiées. Au XIXème siècle, les petits livres bleus simplement brochés dont la couverture en papier d’emballage bleuté destiné aux pains de sucre déteignait sur l’ensemble du fascicule sont vendus à des milliers d’exemplaires  et se répandent dans toute l’Europe. C’est dons des millions de Petits Poucets qui parcourent ainsi le monde grâce à leurs superbes bottes de sept lieues. Si l’on en croit Paul Delarue[11], Finette connut aussi quelque succès dans la littérature de colportage, moins cependant que son illustre concurrent. Les phénomènes de réception évoluent donc mais aussi les problèmes d’édition. Le Petit Poucet ne voisine plus au sein d’un recueil avec Cendrillon ou Peau d’âne mais se retrouve isolé et destiné à réjouir par ses aventures le bourgeois ou l’homme du peuple alphabétisé, mais aussi à servir de support à la lecture orale et communautaire. Les imprimeurs font donc le choix de faciliter certaines formes de lecture et remanient le texte initial..

Cependant à côté de ces petits livres bleus, il existe une autre forme de littérature de colportage, les images d’Epinal qui vont contribuer largement au succès du Petit Poucet, étant bien entendu que le personnage de Perrault va l’emporter largement sur son homologue féminin au demeurant plus littéraire. Annie Renonciat[12] a rassemblé un corpus de 86 feuilles illustrées entre la fin du XVIIIème et le début du XIXème siècle. « Le Petit Poucet » y trouve une place privilégiée car c’est un conte redevenu populaire par son cadre, son intrigue et les aventures du héros. L’évolution du statut de l’enfant et le développement de l’école créent ensuite un nouveau marché. Le Petit Poucet,  par l’intermédiaire des images d’Epinal fortement influencées par la version de Perrault va donc devenir le héros privilégié de ce nouveau public. Entre 1860 et 1870, les rééditions se succèdent, inondant ainsi l’Europe et même le monde des aventures de ce Pouçot pour le moins doué mais aussi tout à fait stéréotypé. Une fois entré dans la littérature de jeunesse, le héros semble se figer à l’époque et les mêmes motifs inventés se retrouvent dès lors d’un récit à l’autre : ogre traversant les montagnes à grandes enjambées, conversation des parents autour de l’âtre à l’image du frontispice de l’édition originale des contes de Perrault, fuite de Poucet au-dessus du mur, tableaux que l’on retrouve encore dans les versions illustrées actuelles. Force est de constater que « le conte du Petit Poucet  est devenu un produit stéréotypé, bâti sur ce qu’on appelle un standard qui réplique jusqu’à satiété les motifs de jadis devenus depuis belle lurette des clichés ennuyeux ».[13] Quant au personnage lui-même, devenu un héros de littérature de jeunesse, il correspond à un modèle éducatif. Comme l’explique encore Annie Renonciat, en ce XIXème siècle, « la société où triomphe la concurrence érige le Petit Poucet en exemple pour sa jeunesse : héros des temps modernes, figure du courage  mais aussi de la débrouillardise, voire de la roublardise, il sème dans les foyers populaires ce modèle d’intelligence, d’initiative et d’ambition, cet esprit d’entreprise qui est source d’enrichissement de la famille et de la société : message dynamique, c’est aussi un message pragmatique qui l’autorise et l’encourage à dépasser sa condition en le délivrant, si nécessaire des interdits psychiques qui l’inhibent. Il revient à l’enfant comme au peuple de gagner sa place au soleil. Au conte d’avertissement s’oppose ce conte du dépassement où l’enfant mâle est le moteur d’une nouvelle dynamique familiale, sociale ou industrielle.[14] »

Il n’est donc pas étonnant que ce Petit Poucet  devenu un modèle pour l’instruction des enfants du peuple ait été récupéré par les hussards de la république. Si le Petit Poucet  devient à la fin du siècle héros de spectacle musical, voire objet de continuations douteuses qui transforment le bûcheron en sage investisseur qui achète des terres et emploie ses enfants à les cultiver, Maurice Bouchor va le transformer en héros des livres de prix , digne de l’école gratuite, laïque et obligatoire. A nouveau il faut se référer à l’article d’Annie Renonciat « Les Contes transcrits d’après la tradition française par Maurice Bouchor [15]». Sous la troisième république les contes font une entrée officielle dans la littérature pédagogique, via les célèbres Instructions officielles en 1882 et en 1887. Le poète Maurice Bouchor va ainsi métamorphoser notre héros pour en faire un petit saint laïque susceptible de servir de modèle à des générations d’écoliers à travers un recueil adapté à toutes les circonstances, à la fois livre de loisirs et de classeet livre de distribution de prix. A l’aube du XXème siècle, le Petit Poucet devient ainsi un personnage digne de faire rêver les enfants mais à condition qu’on les instruise en même temps. C’est ainsi qu’est choisie la plus morale des deux fins proposées par l’auteur :

Que notre Petit Poucet chipe à l’Ogre ses bottes de sept lieues, à merveille ! Mais je n’aime point qu’il se présente ensuite chez la femme de l’Ogre en se disant envoyé par lui, avec le dessein de voler tout ce qu’il y a dans la maison…[16]

De même, Bouchor élimine toutes les allusions relatives à la sexualité. Le Petit Poucet n’est plus le fruit d’amours débridées et il n’est plus question que tant d’enfants en si peu de temps aient une mère qui allait vite en besogne. Aux considérations éducatives, le poète ajoute des restrictions d’ordre psychologique. Selon lui, notre conte contiendrait des épisodes fâcheux, voire trop spirituels pour les enfants. Il s’agit donc d’éviter toute scène choquante et la mort des petites ogresses est ainsi occultée car considérée comme étant d’une excessive sauvagerie. Enfin le poète ajoute de nombreux commentaires et des notes ainsi qu’une conclusion pour éviter au jeune lecteur de se fourvoyer. Annie Renonciat souligne à juste titre que le commentaire sur le Petit Poucet est exemplaire. Une introduction insiste sur les qualités du héros : son intelligence, son courage mais aussi son dévouement.

Maintenant, remarquez une chose. Avant le jour où le bûcheron et la bûcheronne perdirent leurs enfants dans les bois, le Petit Poucet peu bavard passait pour un imbécile et on lui faisait toutes sortes de misères. C’est lui, pourtant, qui fit le bonheur de la famille. Il convient de ne pas juger trop vite et surtout, il faut être toujours bon les uns pour les autres, entre frères et sœurs.[17]

On serait tenté de répondre Amen à ce sermon laïque dont les présupposés sont en fait directement issus de la morale chrétienne revue et corrigée dans le creuset de la république qui a besoin de saints et de petits saints pour instruire les enfants du peuple.

Le Petit Poucet s’était donc déjà métamorphosé dans l’imagerie d’Epinal. Il subit cette fois une autre transformation à travers la réécriture pour la jeunesse. Or actuellement, ce sont ces mêmes versions épurées qui envahissent les rayons des librairies, voire ceux des supermarchés. Mais il faut y ajouter encore quelques traits dus non seulement à l’évolution de notre société et au statut de l’enfant mais aussi à l’apparition de nouveaux supports audio-visuels. Le XXème siècle voit en effet une double explosion, celle de la littérature de jeunesse et celle des nouvelles technologies: Le Petit Poucet va évoluer au gré de ces mutation.  Il appartient presque exclusivement à un lectorat prioritairement enfantin, à moins qu’il ne glisse dans le monde de la publicité pour favoriser la vente de cirages ou de chaussures ou de voitures. Les Petits Poucets se multiplient donc au point que, même en suivant les petits cailloux, on risque de se perdre dans le labyrinthe des produits nouveaux qui visent un créneau commercial au demeurant fort rentable. Livres-objets, livres-cassettes et bien entendu récits filmiques peuplent ainsi la forêt inextricable des contes. A la bibliothèque municipale de Lille, on trouve ainsi  un « Petit Poucet » en bande dessinée qui est le fruit de l’imagination de Ruy-Vidal[18], un livre-puzzle prévu pour les enfants dès l’âge de quatre ans, une vidéo qui transpose le récit en langue des signes, un film réalisé en images de synthèse, et bien entendu la parodie de Gotlib[19], laquelle permet au lectorat adulte de récupérer une partie de son bien.

Ne parlons même pas de l’univers incommensurable d’internet dans lequel le lecteur non initié risque de s’égarer au gré de récupérations diverses, sorte de forêt inextricable dans laquelle Perrault aurait peine à retrouver son personnage Nous n’avons suivi que trois sentiers dans cette forêt magique, l’un nous conduisant au livre-disque de Bertrand Blier et à celui de Marlène Jobert, le second correspondant aux adaptations filmiques de Michel Boisrond et d’Olivier Dahan, le troisième nous amenant à partager les aventures de l’ Enfant-océan. Chacune de ces pistes permet de prendre en compte l’évolution transgénérationnelle du personnage depuis les seventies jusqu’à  l’époque actuelle.

En ce qui concerne les livres disques, une production des années 7O sous l’égide de Pierre Tchernia, Bertrand Blier, Louis de Funès et Danièle Gilbert est intéressante. Ce disque 33 tours[20] publié chez Vogue accorde une place d’honneur à notre Petit Poucet mais celui-ci côtoie Blanche Neige, le Petit Chaperon Rouge, Peau d’Ane et même le roi Dagobert et Cadet Rousselle. C’est Bertrand Blier qui fait office de narrateur pour un texte d’Armand Lanoux qui reste assez fidèle au canevas de Perrault mais privilégie l’une des deux fins et reprend tous les stéréotypes déjà évoqués dans la littérature de colportage. Le Petit Poucet y est présenté comme le pouçot traditionnel, « pas plus gros que le pouce de son papa à sa naissance » et dormant dans un lit « fait avec une boîte à chaussures », ce qui justifie que ses frères soient toujours à sa recherche et que l’ogre en vienne à le considérer comme un dessert. Mais il est présenté comme le plus intelligent et le plus courageux. C’est un véritable héros qui agit en leader, mène tambour battant la troupe que constitue la fratrie d’ailleurs reconnaissante et argumente comme un avocat du diable, plaidant avec une grande habileté verbale sa cause auprès de l’ogresse. Cette intelligence va de pair avec un petit air prétentieux mais qui n’est pas pour déplaire au jeune auditeur censé s’identifier à ce petit, faible mais rusé. C’est ainsi qu’il s’écrie par exemple au début du texte : « Me voici, vous pouvez commencer l’histoire ». Il apparaît donc comme le héros dans tous les sens du terme. Quelques fanfaronnades le caractérisent. Tel Moïse menant son peuple jusqu’à la terre promise, il  voit une lumière qu’il est bien le seul à percevoir et il guide la fratrie jusqu’au salut. Le rôle de souffre-douleur est d’ailleurs assumé par deux de ses frères, l’un nommé Benêt, l’autre, Colas le bègue. Le Petit Poucet, astucieux et dévoué à sa fratrie, prend donc toutes les initiatives. Il procède à l’échange des coiffures, fait fuir ses frères, dérobe les bottes de l’ogre et ses richesses après avoir persuadé l’ogresse qu’une bande de malfaiteurs exigeait une rançon pour la libération d’un monstre qui semble plus soiffard que réellement dangereux et qui deviendra végétarien. On prend cependant soin que le héros reste moral et ne soit pas transformé en aventurier sans scrupules, en précisant que les richesses de l’ogre sont le fruit de rapines et en ajoutant un épisode salvateur : grâce aux bottes de sept lieues, le héros arrive à prévenir à temps le père de l’ogresse qui ressuscite ses petites filles, ce qui évite au Petit Poucet  d’avoir indirectement les mains tachées de sang. Le texte se veut comique et s’adresse aussi à l’adulte censé écouter le disque avec l’enfant et réceptif à certaines remarques humoristiques que Perrault n’aurait peut-être point dédaignées. L’ogresse s’écrie par exemple : « Ciel, mon mari », allusion au vaudeville qui ne s’adresse pas vraiment au jeune lectorat. Une musique guillerette accompagne les moments les plus tragiques. Le conte se transforme grâce à Poucet en un simple jeu de piste digne d’une sortie de scouts avec des points de repères dans la forêt.

L’autre version racontée par Marlène Jobert et illustrée par Volker Theinhardt[21], publiée sous la forme d’un livre-cassette en mars 2002 se caractérise par sa brièveté, son caractère puéril et par l’importance du monde des images. Les illustrations ont une grande importance dans cette version destinée à un public enfantin qu’on ne veut surtout pas traumatiser. On entre donc dans un univers sinon « à l’eau de  rose » du moins fortement teinté d’un pastel lénifiant. Le Petit Poucet a l’allure d’un petit lutin facétieux dont le chapeau d’aspect tyrolien s’explique sans doute par la nationalité et les référents culturels propres à Volker Theinhardt, l’illustrateur. Il vit d’ailleurs avec sa famille dans un chalet montagnard à la lisière d’une forêt d’allure alpine. L’affadissement du conte apparaît dans le portrait même qui  est fait d’un héros désormais exclusivement représentatif de l’enfance :

Il ne parlait pas beaucoup, mais à ses yeux malicieux, on voyait tout de suite qu’il était très intelligent.[22]

L’ogre lui-même n’a rien d’effrayant si ce n’est de très petites dents acérées ; son air hilare alors qu’il s’apprête à trucider les enfants dans une ambiance bleutée digne des meilleures bluettes a de quoi laisser perplexe.

C’est cette volonté de traiter le personnage sur le mode comique que l’on retrouve dans le film de Michel Boisrond[23] qui date de 1972. Roger Carrel est le narrateur et c’est d’une voix enjouée qu’il évoque les aventures et les mésaventures du Petit Poucet tandis que Jean-Pierre Marielle incarne un ogre que l’on berne facilement et que le héros fait tourner en bourrique au moment de l’épisode de la poursuite. Le rire se prolonge avec une séquence ajoutée et concernant le père du héros qui affamé tente vainement d’assommer un hérisson à l’aide d’une hache avec une telle maladresse qu’on en oublie le caractère épouvantable de la famine. Le même personnage se retrouve enseveli sous la neige quand il essaie de rattraper les quelques pistoles qui lui reviennent et qui sont enfouies sous la glace. L’intrusion de la BD avec des bulles et des onomatopées est aussi censée détendre l’atmosphère  et éviter au jeune spectateur d’être traumatisé par l’abandon des enfants et la rencontre avec l’ogre.

Or le film de Dahan[24] qui a envahi le territoire depuis l’année 2001 et pourtant destiné aux enfants ne joue pas du tout dans le même registre. Tout se passe comme si Dahan n’avait retenu de ce conte que l’aspect angoissant. La mise en scène privilégie le rouge vif et le noir et l’univers du récit filmique est très sombre, voire violent, à l’image de ces couleurs qui évoquent le sang et la mort. La fuite des enfants s’effectue dans une atmosphère de tempête et de bruit insoutenables. Cris et gémissements contribuent sur le plan sonore à suggérer la peur tandis que l’ogre se présente comme un monstre d’acier aux dents acérées et que les loups affamés poursuivent les enfants. Un être monstrueux en la personne d’un soldat à la jambe de fer est aussi présent, sorte de créature symbolique de la violence de la guerre, assez proche au demeurant des créatures de Madmax. Un seul qualificatif convient à ce film pourtant destiné aux enfants : terrifiant.

Pourtant le scénario demeure fidèle au conte littéraire du XVIIème siècle. On retrouve le schéma narratif du conte et même les traits inventés par Perrault tels que l’échange des bonnets et des couronnes d’or en lieu et place d’autres coiffures, voire les célèbres bottes de sept lieues. Mais le héros se présente sous une forme dédoublée associant masculin et féminin. L’introduction du personnage de Rose permet en effet de mettre en scène un double féminisé du Petit Poucet, en quelque sorte une nouvelle Finette Cendron revue à l’aube du XXIème siècle. Les deux personnages ont des destins parallèles. Tous deux sont dévalorisés dans leur cercle familial parce qu’ils sont différents des autres. On retrouve donc à la fois  le thème du Pouçot et celui du souffre-douleur. Rose refuse de manger de la chair fraîche, ce qui en fait aussi une ogresse rejetée aussi par son père. Or Rose est introduite dans le scénario dès le début. Chahuté par ses cinq frères, brutalisé par son père, le Petit Poucet est envoyé dans la sombre forêt pour ramasser du,bois. Il est perdu et effrayé et c’est alors qu’il rencontre une petite fille toute de bleu vêtue qui s’appelle Rose et qui vient à son aide. Elle le rassure et lui confie un pendentif, une plume d’ange qui est un talisman et le ramène chez lui. C’est donc elle qui devient le personnage héroïque tandis que notre héros connaît la peur. Dès lors les deux personnages vont vivre de manière conjointe toutes les aventures. Après leur première rencontre, Poucet veut retrouver Rose dans la forêt. Il la cherche en vain et c’est ainsi qu’il surprend la conversation de ses parents alors qu’il rentre dans l’humble masure. Il s’ensuit le célèbre épisode des cailloux blancs. La famille est victime de la guerre et des pillards menés par l’homme à la jambe de fer. Ces derniers ne laissent aux pauvres paysans qu’un sac de blé que les soldats du seigneur réquisitionnent au nom de la reine. Notons au passage la féminisation du pouvoir. L’intervention d’un comptable de la reine venu indemniser les victimes de guerre amène le second épisode. Poucet surpris par sa mère alors qu’il veut préventivement ramasser des cailloux se rabat sur un morceau de pain sec qui connaîtra le sort habituel des miettes. Les enfants perdus font alors face à toutes sortes de dangers et se retrouvent en plein champ de bataille. Une fois réfugié chez l’ogre, Poucet ne reste pas éveillé  mais c’est Rose qui le réveille. C’est elle encore qui lui indique comment échapper à son père en lui retirant ses bottes de sept lieues. Elle est donc bien le pendant de Poucet mais décliné au féminin. L’insertion de cette figure féminine transforme le conte en une quête d’amour qui n’a plus grand-chose à voir avec le conte de Perrault, si ce n’est le canevas narratif. Ce n’est  plus le désir d’ascension sociale qui conduit le Petit Poucet mais l’amour. A la fin on assiste au mariage royal de Poucet et de Rose.

De plus, on se souvient que dans le conte de Perrault, le héros est bien loin d’être un modèle de vertu. Dans le film de Dahan, il devient un petit saint. Il ne joue plus de la peur de ses frères car il est lui aussi terrorisé et c’est plutôt Rose qui porte la culotte et incarne le courage et la ruse. Perrault nous proposait deux fins plus immorales l’une que l’autre. Dahan retient le dernier dénouement mais l’édulcore et exclut tout manquement à la loi. Poucet, après avoir enfilé les bottes de l’ogre arrive sur un champ de bataille. Il y découvre un capitaine agonisant qui lui remet  pour la reine une lettre qui peut mettre fin au conflit. Sans ouvrir le courrier qui ne lui est pas adressé en garçon bien élevé, il transmet le message et la reine le promeut messager en lui accordant un vœu. Poucet demande simplement à revoir sa famille. Il n’est donc pas question d’argent détourné. Le dénouement du film se veut parfaitement moral. Les incarnations du mal périssent sans que le héros se salisse les mains. Le soldat pillard meurt à la guerre et l’ogre ne périt pas de la main de Poucet : un éclair s’abat sur une roche, provoque un éboulement et le fait tomber dans un ravin. C’est donc la justice immanente qui provoque la mort des méchants tandis que les bons sont récompensés. Enfin le Petit Poucet devient le narrateur de cette histoire fort édifiante car la voix off qui ouvre et referme le récit est celle de notre héros devenu adulte, lequel, arrivé comme il le dit « au crépuscule d’une vie bien remplie » raconte sa propre histoire et commente sous forme de métalepses certains événements. Le Petit Poucet est donc devenu un vieillard sage qui a mené une vie irréprochable et qui incarne le droit à la différence et les vertus de la paix. Cette dernière réécriture est donc à l’image de nos sociétés et de ces héros de littérature de jeunesse actuels souvent pontifiants et « politiquement corrects ».

L’Enfant-océan de Jean-Claude Mourlevat est cependant d’une autre race ! Publié chez Pocket-jeunesse, cet ouvrage s’adresse au jeune lecteur « à partir de dix ans », mais il peut aussi amuser le lecteur adulte et se lire à plusieurs niveaux. Il se présente comme un petit roman d’aventures divisé en chapitres, lesquels permettent de jouer avec les points de vue narratifs et de présenter sous divers angles  le fil des événements. Cette réécriture est d’abord une réactualisation : Yann, le héros et ses six frères aînés, tous jumeaux, appartiennent au quart-monde et la famille Doutreleau fait l’objet de toutes les attentions des services sociaux contemporains . C’est pour fuir la violence des parents incarnée par cette horrible menace du père « tuez les tous »  que Yann qui est bien le plus petit mais aussi le leader du groupe entraîne ses six frères dans une équipée sauvage vers l’océan, but à la fois réel et symbolique de cette quête effrénée et ponctuée d’aventures pour le moins réalistes. Le thème de la faim déjà présent dans l’hypotexte perraldien devient ici celui de la survie, dans une société qui n’est guères tendre avec les faibles. Certes la filiation perraldienne est pleinement assumée et les effets d’intertextualité sont nombreux, clins d’œil voulus et transgénérationnels qui supposent que le lecteur soit initié et connaissent l’hypotexte. La première partie s’ouvre sur cette référence en paratexte :

« Le plus jeune était fort délicat et ne disait mot. »
Le Petit Poucet, Charles Perrault.

Les sept garçons habitent avec leurs parents une ferme délabrée signalée par un petit panneau « Chez Perrault ».Le schéma narratif est p^réservé et l’on peut percevoir les motifs essentiels : misère, fuite éperdue dans un milieu hostile, rencontre d’adjuvants divers et affrontement de la force et de la cruauté d’un monstre. Mais si les thèmes originels se retrouvent encore, à savoir celui de l’abandon, celui de la faim et de la peur, celui de la préférence maternelle, celui de la victoire de l’intelligence rusée sur la cruauté, force set cependant de reconnaître que le merveilleux est volontairement escamoté au profit d’une écriture qui se veut réaliste. L’ancrage sociologique dépasse le cadre d’une simple réactualisation ; le conte merveilleux laisse place au fait divers et à l’enquête policière sur fond de marginalité. L’assistante sociale, le routier sympa ou le boulanger charitable, sans compter les gendarmes font office d’adjuvants, tandis que le téléphone remplace les bottes de sept lieues pour ces enfants dont l’un est doté de mauvaises chaussures de femme et l’autre est un va-nu-pieds ! Autre signe de la métamorphose du conte en fait divers, c’est un industriel cinquantenaire cynique  qui tient le rôle de l’ogre, proclamant :

Il en va ainsi dans notre pays. Il est plus honorable de voler son prochain et de manger du hérisson comme ces gens-là que de gagner honnêtement sa vie. C’est ainsi. Mais cela changera peut-être plus tôt qu’on ne le pense. En tout cas nous y travaillons. Et nous sommes nombreux.[25]

On en vient devant ce discours dont le champ lexical rejoint celui de l’extrême droite à regretter l’ogre de Perrault sans doute moins dangereux et plus facile à berner ! En ce sens le texte est profondément subversif ; construit comme un véritable puzzle au fil du jeu des focalisations, il interpelle le lecteur adulte tout autant que l’enfant sur le vécu précaire de certains membres de nos sociétés contemporaines.

En nous engageant dans la forêt des contes et en poursuivant ce Petit Poucet assez protéiforme et trangénérationnel, quelques petits cailloux ont pu nous aider au repérage. Deux fils d’Ariane permettent de trouver l’issue du labyrinthe sans périr dévoré sous les griffes de l’Ogre ou accablé par le nombre de ces Pouçots qui semblent être doués pour se reproduire à l’infini et  parcourir de leurs bottes magiques l’univers entier. L’évolution des supports du conte constitue la première clé de cette enquête bien incomplète. Que ce soit à travers les images d’Epinal ou les versions filmiques, le héros se métamorphose inévitablement. Mais il se transforme surtout au gré des mutations sociologiques et s’adapte à un lectorat sans cesse nouveau au fil de l’évolution de nos sociétés. Héros des temps modernes, tantôt petit saint, tantôt arriviste sans scrupules, le Petit Poucet est à notre image et peut donc encore vivre de nombreuses aventures. Intergénérationnel, il est aussi transculturel et se métamorphose en enfant-doigt au Niger sous la plume de Boubou Hama[26] ou en Mékidèche de l’autre côté de la Méditerranée.[27]


1 Charles Perrault, Contes, Paris, Garnier-Flammarion, collection « Etonnants Classiques », Paris,  1997, 126 p., p.104

[2] Ibid., p.106.

[3] Madame d’Aulnoy, édition du tricentenaire, introduction par Jacques Barchilon, texte établi et annoté par Philippe Hourcade, Paris, Société des Textes Français Modernes, diffusion Klincksieck, Contes I , Les Contes de fées, 1997,604 p. ; Contes II, Contes nouveaux ou Les Fées à la mode, 1998,577p. Le conte de « Finette Cendron » se trouve dans le premier volume, p.363-385. Signalons aussi  Madame d’Aulnoy, Contes des fées suivis des Contes nouveaux ou Les Fées à la mode, édition critique par Nadine Jasmin, « bibliothèque des Génies et des Fées », Paris, Champion, 2004, 1220p.

[4] Ibid., p.363, note de bas de page.

[5] Ibid., p.363.

[6] Ibid., p.364.

[7]Ibid., p.364.

[8]Ibid., p.364.

[9] Ibid., p.364.

[10] Ibid., p.371.

[11]Paul  Delarue , Le Conte populaire français, tome I, Paris, éditions Erasme, 1957, 394 p., conte A327 B, p. 326.

[12] Nous nous référons à l’étude comparative menée par Annie Renonciat, « Petit Poucet dans la jonchée des feuilles », Bulletin de la société archéologique, historique et artistique Le Vieux Papier, Paris, fascicules 316 et 317, avril et juillet 1990.

[13] Annie Renonciat, op. cit. fasc.316.

[14] Ibid., fasc.317.

[15] Annie Renonciat, « Les Contes transcrits d’après la tradition française par Maurice Bouchor », in Actes du colloque du tricentenaire de Charles Perrault, LesGgrands Contes du XVIIème siècle et leur fortune littéraire,  sous la direction de Jean Perrot, Paris, In Press Editions, 1998, p.85-96.

[16] Citation de Maurice Bouchor, in Annie Renonciat, op. cit., p. 90.

[17] Ibid., p. 94.

[18] François Ruy-Vidal, Le Petit Poucet, illustrations de Claude Lapointe, Paris, Grasset, 1974.

[19] Marcel Gotlib, « Continuons sur la lancée », Rubrique -à –brac, tome 2, Paris, Dargaud, 1971, p.60-61.

[20] Disque 33 tours, Pour le mercredi de vos enfants, Vogue, collection Double Loisirs, CLVLLX. 665.

[21] Livre-cassette,« Le Petit Poucet », d’après Perrault, raconté par Marlène Jobert, illustré par Volker Theinhardt, Issy-le Moulineaux, Editions Glémat, mars 2002.

[22] Ibid., p.3.

[23] « Le Petit Poucet », film réalisé par Michel Boisrond,  France, 1972.

[24] « Le Petit Poucet », film réalisé par Olivier Dahan, France, 2001. Pour retrouver le scénario et les séquences de ce film, on peut se référer à l’article de Juliette Sales, « Poucet de peur… et de poésie », dans la revue Synopsis, n°16, décembre 2001, pp.78-80.

[25] Jean-Claude Mourlevat, L’enfant-océan, Paris, Pocket-jeunesse, 1999, p.131.

[26] Boubou Hama et Mariko Keletegui, Contes du Niger,Paris, éditions Nathan Afrique, 1984, «  contes du monde entier », p. 72-78.

[27] Saadeddine Benchenab, Les Contes d’Alger,Alger, éditions Henrys, 1944, en cours de réédition chez Maisonneuve et Larose sous la direction d’Ahmed Lanasri , 169p., p. 83-91.