Le conte d’une rive à l’autre

Affiche le conte d'une rive à l'autre

Affiche de la journée d’étude du 9 novembre sur le thème du conte d’une rive à l’autre.

« Le conte d’une rive à l’autre » peut se comprendre de diverses manières. En effet, soit il indique un passage, une translation d’un même objet sémiotique (ici spécifiquement le conte) d’un espace-temps culturel vers – dans – un autre espace-temps culturel (différent cela va de soi), et il s’agit d’étudier les transformations qui en résultent et donc les dé-sémantisations/re-sémantisations opérées aboutissant au nouvel objet sémiotique mais toujours, ou encore, reconnaissable (dans quelle mesure ?) ;  soit il indique le constat d’existence du même objet sémiotique ou peu s’en faut, identifiable en tout cas, dans deux espaces culturels différents et alors il s’agit de comprendre en quoi cela produit des différences de sens et de valeurs.

D’un côté nous avons une dynamique, un déplacement spatio-culturel impliquant des modifications pratiquées sur l’objet pour se l’approprier, une forme d’acculturation dans laquelle on mesurerait la perte et le gain selon certaines opérations de conversion notamment et où l’on pourrait se demander comme l’affirme Lévi-Strauss s’il existe bien dans la culture d’accueil, chez l’emprunteuse en somme, un besoin, une nécessité de l’emprunt, ou mieux encore une empreinte préformée à peu près prête, attirant l’objet, lui préexistant enfin.

De l’autre, nous avons, au contraire, une statique, deux objets produits déjà là, dans deux aires culturelles différentes, et pourtant apparentées par le sens jusqu’à un certain point qui fait toute la différence. Il ne s’agit pas de mesurer seulement l’écart, mais de poser le mystère de l’apparentement au-delà des cultures et des aires géographiques, de comprendre ce qui permet d’identifier telle ou telle œuvre comme relevant du même cycle (de contes notamment).

Nous citerons Michel de Certeau pour terminer sur une spécificité remarquable du conte qui traverse nos propos :

« […] le conte populaire fournit au discours scientifique un modèle, et pas seulement des objets textuels à traiter. Il n’a plus le statut d’un document qui ne sait pas ce qu’il dit, cité devant et par l’analyse qui le sait. Au contraire, c’est un « savoir-dire » exactement ajusté à son objet, et, à ce titre, non plus l’autre du savoir, mais une variante du discours qui sait et une autorité en matière de théorie. » ( L’Invention du quotidien : 1990 : Folio essais Gallimard : 120).


Programme le conte d'une rive à l'autre

Programme de la journée d’étude du 9 novembre sur le thème du conte d’une rive à l’autre. Organisée par Bochra Charnay et Thierry Charnay.

Découvrez les présentations des enseignants chercheurs présents à la journée d’études de l’université Lille3 (ALITHILA)